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Rezension

L’Antiquité Classique 80, 2011

Que saurions-nous, sans Platon et Aristote, de la sophistique que certains Modernes appellent «premiere» par commodite ? Au demeurant, en pratique le grec de Platon ne fut connu en Occident qu’à partir du quinzième siècle, en sorte qu’a priori il peut y avoir quelque intérêt à aborder à travers les sources latines la sophistique, dont on n’a pas de caractérisation avant Philostrate et IIIe s. de notre ère. Apres des remarques méthodologiques préalables, le livre de M. Harbsmeier se compose de sept chapitres de dimensions inégales. Forcément, la présence de Cicéron devait être quelque peu envahissante au sein du petit volume, en sorte que deux chapitres lui ont été consacrés, suivant, dans l’ordre, les écrits philosophiques et les écrits rhétoriques. Les autres auteurs étudies sont Sénèque, Quintilien, Apulée et Aulu-Gelle, avec des auteurs chrétiens (Tertullien, Minucius Felix et Lactance). Evidemment, l’expérience de Cicéron fut longue et diverse; autant de traits qui paraissent se refléter dans son œuvre immense. On aurait tort pourtant de le taxer d’inconstance. Pour mesurer son apport à notre connaissance de la sophistique, on doit situer chacune des allusions aux sophistes dans son contexte argumentatif, et considérer que selon le genre d’œuvre et le moment où elle fut composée, ce n’était pas toujours le même homme qui s’exprimait. Ces sages considérations sont formulées au cours des remarques préliminaires. Les besoins de la philosophie ne sont pas ceux de l’orateur. Cicéron s’était donne la tâche d’implanter à Rome aussi bien la philosophie que la rhétorique. Protagoras est donne comme un vrai philosophe, nonobstant le procès pour impiété qu’il eut à soutenir. L’orateur romain, lui, doit créer une rhétorique politique fondée sur la philosophie. Aussi Gorgias est-il mentionne de façon tout à fait positive; des sophistes comme Prodicos, Thrasymaque et Protagoras sont en quelque sorte ses prédécesseurs. Les témoignages sur la sophistique de chacun des écrivains latins ne sont pas tous intéressants au même degré. Même s’il n’y a pas de preuve qu’il ait jamais eu entre les mains les textes écrits par les sophistes, et lu autre chose que des manuels de rhétorique, le Gorgias de Platon, τεχνω συναγωγη d’Aristote et les œuvres de Cicéron, Quintilien était fort conscient des problèmes herméneutiques posés par les dialogues platoniciens. II oppose le type du sophiste abstrait décrit par Platon et les sophistes concrets, y compris le personnage du Gorgias, qui ont plantée des jalons décisifs dans l'histoire de la rhetorique, et il les présente sous un jour plutôt favorable. Dans ses Florides, Apulée orne Hippias, dont il fait une sorte de Leonard de Vinci du Ve s. av. J.-C., de beaux traits que n'a pas retenus la tradition grecque. Tenant du platonisme moyen, il utilise évidemment à son tour le Gorgias et taxe la sophistique de flatterie nuisible. Le livre de Harbsmeier est muni d'index pra-tiques (bibliographie, Personen- und Sachregister, Stellenregister). En général, la typographie est soignée. Toutefois, p. 64 le mot »chries«  est en grec ΧΟΞΙα, non pas ΧΟζαΙ. C'est pour des raisons économiques, peut-on supposer, que la direction de la collection a imposé l'emploi de lettres au corps fort petit, qui rend la lecture fatigante, a fortiori dans les notes. Au total, un petit ouvrage interessant, qui n'apporte pas grand-chose à notre connaissance de la sophistique et qui d'ailleurs ne poursuivait pas un tel but, mais qui roule surtout sur les problèmes que rencontra dans son développement la littératur latine.
Jaques Schamp

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Betrug oder Bildung

Die römische Rezeption der alten Sophistik
Harbsmeier, Martin S.

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